ISSN: 0964-0282 (print) • ISSN: 1469-8676 (online) • 4 issues per year
In a time of escalating environmental, political and social crises, Anthropology has transformative potential yet faces existential threats. This article argues for a regenerative Anthropology – one that not only critiques the colonial-capitalist systems driving breakdown, but also actively contributes to alternative, life-affirming futures. Drawing on insights from regenerative agriculture, activism and multispecies ethnography, we explore how Anthropology can support transformations towards more sustainable futures by reviving diverse knowledges, practices and ways of being. At the same time, Anthropology itself must evolve. As universities undergo neoliberal restructuring and departments shrink, we propose a fuller shift towards engagement and accessibility, and a pedagogy that balances critique with practice, and imagination with action. In an era of upheaval, Anthropology can – and must – become a force for regeneration, both within and beyond the academy.
Dans une période de crises environnementales, politiques et sociales grandissantes, l'anthropologie a un potentiel transformatif mais la discipline se trouve face à des menaces existentielles. Cet article plaid pour une anthropologie régénérative — une discipline qui ne se contente pas de critiquer les systèmes colonial-capitalistes conduisant à la dégradation, mais plutôt une discipline qui contribue activement à la construction des avenirs alternatifs et respectueux du vivant. En s'appuyant sur des aperçus de l'agriculture régénérative, l'activisme et l'ethnographie multi-espèces, nous explorons comment l'anthropologie peut soutenir des transformations vers des avenirs plus durables en resuscitant divers savoirs, pratiques et modes de vie. Au même temps, l'anthropologie elle-même doit évoluer. Tandis que les universités subissent la restructuration néo-libérale et les facultés s'amenuisent, nous proposons un changement plus conséquent vers l'engagement et l'accessibilité, ainsi qu'une pédagogie capable d’équilibrer la critique et la pratique, l'imagination et l'action. Dans une période de bouleversement, l'anthropologie peut — et doit — devenir une force pour la régénération, dans le monde académique comme dans la société.
Cultural cosmologies about land depict it as a generative material of propagating life. This regards its mechanism to influence life processes, including generation and regeneration – aspects that embody human growth and well-being. For the Luo of western Kenya, those aspects of life propagation are negated by another reality that ‘land is a witch’ – it can degenerate human vitalities. The degeneration occurs through an agentive potency activated through eco-immoralities occasioned by human and nonhuman entities. The article explores the agentive potency of land and its aspect to permeate the human body and alter its performance and status. It contributes to the anthropology of elemental thinking by revealing the land's potency, which enables it to act on its own right and affect life.
Les cosmologies culturelles représentent la terre comme un matériel génératif qui propage la vie. Cela concerne son mécanisme pour influencer le processus de vie, y compris la génération et la régénération — des aspects qui englobent la croissance humaine et le bien-être. Pour le peuple Luo au Kenya occidental, ces aspects de la propagation de vie sont réduits à néant par une autre réalité que ‘la terre est une sorcière’ — elle peut dégénérer des vitalités humaines. La dégénération se produise au travers une puissance dynamique qui est activée à cause des éco-immoralités produites par des entités humains et non-humains. Cet article explore la puissance dynamique de la terre et sa capacité de s'infiltrer le corps humain et de changer sa performance et son statut. L'article contribue à l'anthropologie de pensée élémentaire en révélant la puissance de la terre qui la permet d'agir indépendamment et impacter la vie.
This article explores class precarity among male heavy industrial shopfloor workers in northern Vietnam. It brings Vietnamese understandings of crisis into a dialogue with the anthropology of crisis, arguing a crisis framework offers a helpful analytical entry to exploring gendered class precarity. Striving to provide quality healthcare and education for their children in Vietnam's ‘socialist-oriented market economy’, men working in global industry are reconceptualising stereotypical images of the masculine male factory worker and the role of fathers. As they aspire to become part of Vietnam's affluent middle class, low-income workers muster resilience to mitigate and cope with enduring financial challenges. Any added crisis not only fuels but also exacerbates an economic ‘latent crisis’ underpinning daily life, like a smouldering ember that could ignite at any time.
Cet article explore la précarité de classe parmi les ouvriers de l'industrie lourd au Vietnam du nord. Nous mettons les connaissances vietnamiennes de crise en dialogue avec l'anthropologie de crise, et nous arguons qu'un cadre de crise offre une entrée analytique utile pour l'exploration de la précarité de classe genrée. En s'efforçant de fournir les soins et l’éducation de qualité pour leurs enfants dans ‘l’économie de marché orientée vers le socialisme’ au Vietnam, les ouvriers qui travaillent dans l'industrie mondiale sont en train de reconceptualiser les images stéréotypiques de l'ouvrier masculin à l'usine et le rôle des pères. Au fur et à mesure qu'ils aspirent de devenir membres de la haute bourgeoisie vietnamienne, les ouvriers pauvres activent la résilience afin de mitiger et de supporter les défis financiers pérennes. Toute crise supplémentaire alimente et aggrave une ‘crise latente’ économique dans la vie de tous les jours, comme des braises qui puissent s'enflammer à n'importe quel moment.
This article examines how forced displacement and international aid reshape local authority, focusing on the role of customary leaders in refugee-hosting areas. Drawing on two years of ethnographic fieldwork, it analyses how chiefs navigate increasingly plural governance landscapes shaped by state officials, aid organisations and refugee-led institutions. Mobilising the concept of polycephaly of power, the article argues that authority in displacement contexts is not eroded but rather reconfigured through negotiation and brokerage. Forced migration reveals both the resilience and the fragility of customary institutions, while aid interventions simultaneously reshape local hierarchies and reinforce state authority. Polycephaly constitutes a mode of governance shaped by symbolic capital, negotiation and overlapping claims to legitimacy. Forced displacement becomes a site of political reconfiguration where authority is enacted, contested and continuously reassembled.
Cet article examine comment le déplacement forcé et l'aide humanitaire façonnent l'autorité locale, en focalisant sur le rôle de chefs coutumiers dans les territoires qui accueillent les réfugiés. En s'appuyant sur deux années de recherches ethnographiques sur le terrain, nous analysons comment les chefs naviguent de nombreuses formes de gouvernance façonnées par les fonctionnaires, les organismes d'aide humanitaire et les institutions dirigées par les réfugiés. En mobilisant le concept du pouvoir polycéphale, nous arguons que, dans les contextes de déplacement forcé, l'autorité n'est pas diminuée mais plutôt reconfigurée au travers la négociation et le courtage. La migration forcée révèle à la fois la résilience et la fragilité des institutions coutumières, tandis que les interventions d'aide façonnent les hiérarchies locales et renforcent l'autorité d’état simultanément. Le pouvoir polycéphale constitue une forme de gouvernance façonnée par le capital symbolique, la négociation et les réclamations superposées à la légitimité. Le déplacement forcé devient un site de reconfiguration politique où l'autorité est performée, contestée et réorganisée en continu.
This article explores charity and voluntarism in England's NHS during a period of ‘extended crisis’. Based on ethnographic research with an NHS charity, it examines how charitable organisations fulfil a dual role, by supplementing healthcare services and providing a ‘safety net’ to volunteers. Through the concept of ‘everyday pragmatism’, the article explains paid staff and volunteers’ motivations to improve present circumstances, while imagining a better future. The discussion contributes to wider debates about the reconfiguration of welfare states, suggesting that charity and voluntarism within the NHS are imperfect solutions that nonetheless genuinely seek to redress inequalities. Ultimately, everyday pragmatism describes people's motivations to act not only despite the circumstances, but in acknowledgement of them.
Cet article explore la charité et le bénévolat dans les services nationaux de santé en Angleterre dans une période de ‘crise étendue’. En s'appuyant sur la recherche ethnographique avec un service national de santé, nous examinons comment les organismes de charité remplissent un double rôle, en soutenant les services médicaux et en fournissant un ‘filet de sécurité’ aux bénévoles. Au travers le concept de ‘pragmatisme de tous les jours’, l'article explique les motivations des salariés et des bénévoles pour améliorer les circonstances actuelles et pour imaginer un meilleur avenir. La discussion contribue aux débats plus conséquents sur la reconfiguration des États-providence, en proposant que la charité et le bénévolat dans les services nationaux de santé sont des solutions imparfaites qui visent à réduire les inégalités. En fin de compte, le pragmatisme de tous les jours décrivent les motivations de gens de pouvoir agir non seulement à cause de circonstances mais aussi en reconnaissance de ces circonstances elles-mêmes.
This article asks how freedom might serve as a comparative category for anthropology and proposes that we approach ‘freedom talk’ as an act of ideological demarcation or boundary making. Drawing on ethnographic research with conservative evangelicals in the UK and Unitarian Universalists in the United States, I show how both communities’ references to choice, liberty and autonomy work to cement group identity not only through a shared vision of the good, but through shared judgement of the bad. Freedom talk, then, is both an exercise of and fodder for collective judgement – a means of distinguishing oneself from socio-political Others.
Cet article questionne comment la liberté pourrait servir comme une catégorie comparative pour l'anthropologie. Nous proposons de conceptualiser ‘le discours de liberté’ comme une acte de démarcation idéologique ou la création de limites. En s'appuyant sur la recherche ethnographique avec des évangéliques conservateurs au Royaume-Uni et les universalistes unitariens aux États-Unis, nous montrons comment ces deux communités font référence aux notions de choix, de liberté et d'autonomie afin de renforcer l'identité de groupe. Cette stratégie se repose sur une vision partagée du bien ainsi qu'une vision partagée du mal. Le discours de liberté est à la fois un exercice et un matériel pour le jugement collectif — c'est un moyen de se distinguer vis-à-vis les Autres socio-politiques.
Burger, Tim, Ushman Mahar, Pascale Schild and Anna-Maria Walter. 2024.
Schmidt, M. 2024.
Benezra, Amber. 2023.
O'Neill, Bruce. 2024.
Zamora Corona, Alonso. 2025.
Lamoreaux, Janelle. 2023.
Yıldız, Emrah. 2024.
Penfield, Amy. 2023.
Müller, Juliane. 2024.
Manfredi, Federica. 2024