ISSN: 0964-0282 (print) • ISSN: 1469-8676 (online) • 4 issues per year
Kinship studies are certainly a hallmark for anthropology as a discipline. Yet, it has been more than a decade since
‘Kinning and De-kinning’ introduces a special issue that considers how houses, heirlooms and other owned items reproduce kinship and family in diverse societies. It revisits death and inheritance in kinship studies, with a focus on processes of ‘passing on’ and the materiality of things as well as bodies. Incorporating temporalities and materialities in the changing expression of deeply felt emotions that extend between people and between people and things, we echo classic concerns in kinship studies around the incorporation of strangers via affinity, while mobilising the notion of house societies, bringing classic anthropological insight on intergenerational transfer of wealth to bear on questions of identity and belonging. Showing how processes of kinning are always selective and negotiated, the articles in this special issue argue that they also carry with them the potential for kinning's shadow: just as property can enable kin relations to be re/produced, they can also be used to release people from kinship through what we term ‘de-kinning’: instances of failed appropriation and disrupted kin relations. The article outlines an approach to kinship that takes seriously the enduring qualities of material and property, while maintaining the argument that kinship is achieved (or negated) through the active performance of acknowledged relations.
« Faire et défaire la parenté » introduit un numéro spécial qui porte sur la manière dont les maisons, les héritages et autres objets reproduisent la parenté et la famille dans diverses sociétés. Ce volume entend revisiter les dimensions de la mort et de l'héritage dans les études de parenté en portant une attention particulière aux donations et à la matérialité des choses et des corps. Notre perspective prend en compte les temporalités et matérialités incorporées dans l'expression changeante des émotions qui passent entre les personnes, et entre les personnes et les choses. Nous faisons ainsi écho à l'intérêt classique de l'anthropologie de la parenté pour l'incorporation des étrangers via l'affinité – notamment autour de la notion de société-Maisons – et sur transfert intergénérationnel de richesse en le faisant porter sur des questions d'appartenance et d'identité. En montrant que les processus de parenté sont toujours sélectifs et négociés, cet ensemble d'articles défend l'idée que ces processus portent aussi en eux l'inverse de ce qu'on pense qu'ils font : de même que la propriété permet aux relations de parenté de se re/produire, elle peut aussi être utilisée pour faire sortir les gens de la parenté à travers ce que l'on désigne comme « dé-parenter » (
Divorce, remarriage and new partnerships create blended families with complex configurations of emotional and financial engagements. The latest reform of the Danish Inheritance Act in 2008 was an attempt to cope with the legal challenges posed by blended families with regard to inheritance. The solution was to grant the surviving spouse greater rights as well as a greater share of the estate, thus favouring the horizontal conjugal bond between current spouses. Since the surviving spouse is often not the parent of all the deceased's children, the vertical transfer of assets and heirlooms between generations is challenged. This has consequences for the way material things can generate continuities and act to reproduce kinship over time, as a way of kinning former and coming generations. This article addresses the role of inheritance and heirlooms in processes of kinning and de-kinning.
Divorce, mariages et nouveaux partenaires créent des familles recomposes avec des configurations émotionnelles et des engagements financiers complexes. La dernière réforme de la loi danoise sur l'héritage (2008) a été une tentative de répondre aux défis légaux posés par ces familles recomposées au regard de l'héritage. La solution a été de garantir à l’époux ou l’épouse du défunt plus de droits ainsi qu'une part plus importante sur les biens immobiliers, tout en favorisant les liens conjugaux horizontaux entre les époux actuels. Comme l’époux ou l’épouse survivant n'est pas toujours le parent de tous les enfants du défunt, le transfert vertical des biens et possessions entre génération n'est pas assuré. Cela a des conséquences sur la manière dont les biens matériels assurent la continuité de la parenté et assure sa reproduction dans le temps. Cet article interroge le rôle de l'héritage et des donations dans les processus de construction de la parenté et les formes de « dé-parenté ».
In this article we explore the inheritance of
Dans cet article, on étudiera l'héritage de la hytte ou maison secondaire en Norvège. On étendra la notion de « parenté » à l'inclusion de différentes matérialités ou temporalités. En particulier, on retracera de manière ethnographique la transmission par donation d'une hytte sur une période étendue et l'on défendra l'idée que cette temporalité longue ajoute une couche supplémentaire à la hytte comme participant pleinement au faire-parent. Notre matériel permet de souligner un certain nombre de connexions entre la hytte comme propriété à transmettre et la famille / parenté comme unité de reproduction. Ces connexions se déploient sur le temps long, des décennies et parfois des vies ou plus. Par cette approche, il est possible de retracer les processus de parenté, mais aussi de « de-parentage » impliquant détachement, refus et rejets. L'article montre qu'une attention au matériel et aux structures construites permet de comprendre la parenté dans les sociétés contemporaines.
This article examines the narratives and practices of return experienced by long-term Nairobi-based Luo seeking to make a home in rural western Kenya. Building a rural home, and being buried there, remain crucial to many urban Luo understandings of a successful life. This is a project full of contingency: it relies on resources gained in the city, as well as access to land and the cultivation of rural kin relations. Although ‘home’ and ‘return’ were often spoken of in idealised terms, desires to return were as much focused on living towards the future as on a nostalgic sense of a lost past. Practices of building a rural home grapple with expectations of rural and urban kin, the challenges of doing things properly, and responsibilities of caring for home and landscapes in a way that can ensure future generations’ capacity to dwell on the same land. This desire to belong to the future is at the heart of Nairobi Luo dreams of ‘return’.
Cet article étudie les pratiques et les discours des Luo vivant à Nairobi au sujet de leur retour chez eux, dans l'ouest Kenya rural. Construire une maison à la campagne et y être enterré demeure, pour nombre de Luo devenu urbains, une perspective essentielle pour une vie réussie. Mais il s'agit d'un projet soumis à de nombreuses contingences : il dépend des ressources acquises en ville, de même que de l'accès à la terre et de la façon dont les relations avec les parents restés au pays ont été gérées. Bien que l'on parle souvent du « chez-soi » et du « retour » en termes idéalisés, les désirs de retour sont autant une projection de vie vers le futur que l'expression de la nostalgie d'un passé perdu. Les pratiques de construction des maisons de campagne mettent aux prises les attentes des parents vivant en ville et à la campagne, comme elles mettent au défi de faire les choses correctement, d'assumer les responsabilités quant à l'entretien de la maison et de l'environnement afin de permettre aux générations suivantes de s'installer sur la même terre. Ce désir d'appartenir au futur est au cœur du rêve de « retour » des Luo de Nairobi.
This article explores the relationship between property, law and everyday life in two self-managed collective housing sites in England, a housing co-operative and a co-housing development. In each of these sites the residents are bound together by a property law framework, by their built environment and by the spaces they share and manage. The residents are developing alternative legalities, their own informal norms and non-legally enforceable rules, which are transmitted to new residents in a form of inheritance. This article offers a new perspective on sharing property and belonging to a collective, within a housing culture based on individual ownership. The argument that the concepts of kinning and inheritance can be ‘stretched’ to take account of the intangible ‘properties’ generated by intentional communities’ residents, contributes to both socio-legal studies and legal anthropology.
Cet article étudie la relation entre propriété, loi et vie quotidienne dans deux habitations en propriété collective dans l'Angleterre contemporaine : une maison coopérative et un projet de co-habitation. Dans chacun de ces sites, les résidents sont liés par une structure légale de propriété commune, de par l'environnement construit et de par les espaces qu'ils partagent et administrent ensemble. Les résidents ont développé des légalités alternatives, leurs propres normes informelles et non applicables légalement qui sont transmises aux nouveau résidents en forme d'héritage. L'article offre une approche nouvelle sur la propriété partagée et l'appartenance à un collectif, dans le cadre d'une culture du logement largement constituée sur la propriété individuelle. On y développe l'argument que les concepts de parenté et d'héritage peuvent être « étirés » pour prendre en compte les « propriétés » intangibles générées par les résidents de communautés d'intention. L'article contribue ainsi à la fois aux études socio-légales et à l'anthropologie légale.
Focusing on the collective memories and life stories of local people regarding their courtyard house
En s'intéressant aux mémoires collectives et aux récits de vie des résidents des maisons à cours carrées, ou
In the atoll society of Tokelau, intergenerational succession has occurred since approximately 1925 without a concomitant exchange of enduring material objects, with the exception of land. The article explores how a significant increase in material wealth, including more permanent housing, and the ultimate threat represented by climate change, that of losing the land altogether, affects the intergenerational transfer of goods and relationship patterns. The case of Tokelau illustrates how kinning and de-kinning operate in a society where the passing on of property is neither associated with death (inheritance) nor with private property, but with the ongoing transmission of collective belonging and selected, inalienable things.
Dans la société atollienne de Tokelau, la transmission inter-générationelle existe depuis 1925 approximativement, sans échange concomitant des objets matériels durables, ceci à l'exception de la terre. L'article étudie la façon dont ces formes de transmission inter-générationelle de biens et de structures relationnelles sont affectées par l'accroissement de la richesse matérielle, notamment la permanence accrue des habitations, et par la menace que le changement climatique fait peser en termes de perte des terres. Le cas de Tokelau illustre la manière dont le fait de faire parenté ou défaire parenté opèrent dans une société où la transmission des propriétés n'est pas associée avec la mort (héritage), ni avec la propriété privée, mais avec une transmission au fil de l'eau de possessions collectives et de biens sélectifs et inaliénable.
Nucho, Joanne R. 2016.
Schorch, Philipp, Martin Saxer and Marlen Elders (eds.). 2020.
Cvajner, Martina. 2019.
McGonigle, Ian. 2021.
Sax, William and Claudia Lang. 2021.