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ISSN: 0315-7997 (print) • ISSN: 1939-2419 (online) • 3 issues per year
Avant même la fin de la Première guerre mondiale, des discussions s’ébauchèrent pour tenter d’imaginer l’Europe de l’après-guerre. Dans le cadre de cet article, nous nous intéresserons à un aspect particulier de ces discussions relatives à l’Europe nouvelle, la volonté affichée dans de nombreux textes d’aboutir à une réorganisation naturelle et scientifique du continent, avec la conviction sous-jacente qu’une telle réorganisation ne pouvait qu’aboutir à une paix durable, puisque chaque Etat aurait ainsi été à sa place légitime. Pour parvenir à cette cartographie parfaite de l’Europe, c’est avant tout à la linguistique, dans ses conceptions romantique et naturaliste, que l’on fit appel. Pourtant, au début du vingtième siècle, les idées romantiques et naturalistes sur la langue avaient été contredites et démenties au profit d’une conception sociale de la langue. Il faudra donc se demander pourquoi des idées scientifiques dépassées firent leur retour à ce moment particulier de l’histoire européenne.
The Irish struggle for independence (1917–1922) coincided with the beginnings of the mandate in Palestine, by which the British government sought to encourage the establishment of a Jewish National Home. Analogies between these two territories regularly surfaced in the papers of British officials and policy makers. Universally perceived as a paradigm of nationalism and insurrection, the Irish precedent colored the British understanding of Palestine. Essentialist representations of national groups such as the Irish or the Jews were also common as the British government lent support to various nationalist movements in order to further strategic objectives during the Great War. However, British attitudes toward Irish nationalism and Zionism varied widely. A careful examination of Arthur James Balfour’s representations of the Irish and Jewish nations reveals that nationalist ideology, far from relying on a coherent and systematic understanding of national groups, shifted depending on Britain’s geopolitical interests.
This article explores French imaginaries of different human groups between the world wars through a study of the
Cette étude consiste à montrer le rapport qu’entretient Valery Larbaud (1881–1957) à l’autre, étranger eth nique ou linguistique, entre les deux guerres. Écrivain voyageur, critique et traducteur français, Valery Larbaud s’est éloigné du concept abstrait de l’Homme, hérité des classiques, pour explorer la diversité concrète des hommes, des peuples et des langues. Mais dans un siècle où les discours scientistes classent la différence et divisent les peuples en autant d’espèces inégales, Larbaud a su maintenir l’unité biologique du genre. Ainsi se réfugie-t-il dans un universalisme chrétien où la croyance en l’unité fraternelle de la créature l’éloigne des tentations racistes.
Cet article se concentre sur le rÔle de la spatialité dans le monde des Juifs de Méditerranée orientale, qui est configuré comme un espace en réseaux. À travers le dissensusdes réceptions d’un ouvrage paru en 1925 (
This article explores the French fascination with “the primitive” and “the exotic” in the post–World War I years through a study of representations of the French colonies in textbooks intended for primary and secondary schoolchildren. It then compares these representations with contemporary French-anguage tourist literature in Ontario, Canada, demonstrating continuities between these “exotic” representations of the colonial other and contemporary discourses centered on “authenticity” in the world of international tourism.