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ISSN: 1362-024X (print) • ISSN: 1752-2307 (online) • 1 issues per year
René Maunier (1887–1951) developed an interest in foreign countries and local cultures, following a posting to Cairo and then Algiers. A professor of colonial economics and legislation from 1922 onwards, he held several positions in the colonial administration, specializing in ‘Algerian sociology’. Through fieldwork, he became one of France's foremost experts on Berber populations, and in particular on the phenomena of contact between races and cultures, and the changes they bring about. In his eyes, the study of these contacts should lead to action: to bring about change and reform, in the best interests of the metropolis and the colonized peoples themselves, in territories subject to interdependence. His interests intersect with Durkheimian sociology in the way social facts are considered and analyzed, and he writes on several occasions about the interest and scientific scope of Durkheimian sociology. He also published in
René Maunier (1887–1951), va développer un intérêt pour les pays étrangers et les cultures locales, suite à une affectation au Caire, puis à Alger. Professeur d’économie et de législation coloniales, à partir de 1922, occupant des postes dans l'administration coloniale, il se spécialise en ‘sociologie algérienne’. Effectuant des voyages d’études sur le terrain, il devient l'un des meilleurs connaisseurs français des populations berbères, en particulier des phénomènes de contact entre les races et les cultures, et des changements qu'ils provoquent. L’étude de ces contacts doit déboucher à ses yeux sur une action : faire évoluer et réformer au mieux des intérêts de la métropole et des peuples colonisés eux-mêmes, des territoires soumis à des liens d'interdépendance. Ses intérêts croisent la sociologie durkheimienne sur la manière dont le fait social est considéré et analysé, et il écrit à diverses reprises sur l'intérêt et la portée scientifique de la sociologie durkheimienne. Il publie aussi dans
Churches have lost members in the last decades in an unpredicted way. In many parishes, the attempt to redefine religious life has led to an attempt to offer more inclusive practices especially in cities with severe loss of social cohesion. In this way, the opening up of the Catholic Church in Germany for an approach of ‘social space’ seems to contradict the assumption of Durkheim that a differentiation between the ‘sacred’ and the ‘profane’ is at the core of religious life. In this article, a closer look will be taken at three churches in the city of Gelsenkirchen, the poorest city in Germany. It will be shown that the de-industrialized social landscape of contemporary societies embeds the churches in different ways. According to different contexts of peripherisation, churches are reacting different in reshaping social bonds with their neighborhood. This issue of the ‘sacred’, however, seems to be an important feature for understanding the life of religious communities.
Au cours des dernières décennies, les églises allemandes ont perdu quantité de membres comme jamais auparavant. Dans de nombreuses paroisses, le souci de redéfinir la vie religieuse s'est traduit par une tentative à offrir des pratiques plus inclusives, en particulier dans les villes connaissant une grave perte de cohésion sociale. Cette ouverture de l’Église catholique allemande à ‘l'espace social’ semble ainsi contredire l'hypothèse de Durkheim, pour qui la différenciation entre le ‘sacré’ et le ‘profane’ est au cœur de la vie religieuse. L'article qui suit a pour but d'examiner cette hypothèse à travers l’étude de trois églises de la ville de Gelsenkirchen, la ville la plus pauvre d'Allemagne. Celles-ci ne s'intègrent pas dans le paysage de désindustrialisation des sociétés contemporaines de la même manière. Selon la variété des contextes de périphérisation, les églises refaçonnent différemment les liens sociaux qu'elles entretiennent avec leur quartier. À cet égard, l'idée de ‘sacré’ sur laquelle Durkheim a mis l'accent dans sa sociologie de la religion conserve toute son importance pour ces églises de zones périphériques.
This article examines the genesis and legacy of some of Durkheim's hypotheses on the relationship between nationalism and religion. On the one hand, it examines Durkheim's interpretation of the French Revolution as a religious phenomenon, from which nationalism has been seen as (the) religion of modernity. It also analyses Durkheim's conception of patriotism and its relationship with the religion of humanity. The article inquiries into Durkheim's writings, analysing the genesis of these propositions, which are rooted in foundations that are not entirely established. Following this critical examination, Durkheim's work is highlighted as a tool for reflecting on the sacrality of nations, showing how theories of nationalism of the last decades have recovered the Durkheimian legacy.
Cet article se penche sur la genèse et l'héritage de certaines hypothèses de Durkheim sur la relation entre le nationalisme et la religion. Il examine, d'une part, l'interprétation durkheimienne de la Révolution française comme phénomène religieux et à partir de laquelle le nationalisme a été considéré comme (la) religion de la modernité. Il analyse, d'autre part, la façon dont cet auteur conçoit le patriotisme et son rapport avec la religion de l'humanité. L'article examine les écrits de Durkheim en analysant la genèse de ces propositions dont les fondements ne semblent pas tout à fait établis. À la suite de cet examen critique, l’œuvre de Durkheim est mise en valeur comme un outil de réflexion sur le caractère sacré des nations. Il s'agit de montrer comment les théories du nationalisme des dernières décennies ont pu récupérer l'héritage durkheimien.
This article examines the European extension that Émile Durkheim confers on the division of labour. It examines the surprising Durkheimian proposal that an increase in the division of labour is the morphological condition for the emergence of the
Cet article interroge l'extension internationale et, en premier lieu, européenne qu’Émile Durkheim confère à la division du travail. Y est étudiée cette proposition durkheimienne surprenante qui fait de l'accroissement de la division du travail la condition morphologique de l'advenue d'une véritable société européenne. Comment faut-il comprendre cette assise durkheimienne du projet de société européenne sur la question du travail et, plus précisément, sur celle de sa division? Une première interprétation possible pourrait être que l'accomplissement par chaque nation européenne des fonctions spécialisées, complémentaires de celles réalisées par les autres nations, permettrait l’émergence spontanée de la société européenne, chaque nation prenant conscience, par la complémentarité fonctionnelle, de la totalité européenne à laquelle elle contribue. L'interprétation défendue dans cet article n'est pas spontanéiste et fonctionnaliste, mais institutionnaliste et socialiste. La condition d'accomplissement de la société européenne ne réside pas dans les progrès d'une division du travail
As a conceptual tool, effervescence offers a nuanced and complex explanation of forces for social change. Yet, it can be challenging to identify subject matter that spans the full implications of effervescence from embodied feeling to changes in social action over time. This study joins theories of effervescence with a unique set of primary historical records from a nineteenth-century religious utopian community in the United States to investigate whether effervescence might have a role in the creation, maintenance or decay of social ideals. As an explanation for social action, findings suggest that effervescence points to a link between embodied feeling, social ideals and institutional control – aspects of effervescence that offer avenues for future theoretical and empirical research.
Dictionnaire international Bourdieu, sous la direction de Gisèle Sapiro. Paris: Éditions du CNRS, 2020. 963 pp.
Claude Didry, Découvrir Durkheim. Paris: Les Éditions sociales, 2022, 171 pp.
Didier Deleule, Durkheim et la (Re)naissance du projet sociologique. Paris: Hermann Éditeurs, 2020, 126 pp.
Christian Papilloud et Cécile Rol, Moral – Recht – Nation. Die Soziologie der Solidarität Gaston Richards (1860–1945) [Morale – droit – nation. La sociologie de la solidarité de Gaston Richard (1860–1945)]. Wiesbaden: Springer VS, 2019. 282 pp.
Émile Durkheim, Leçons de sociologie criminelle, édition scientifique par Matthieu Béra, Paris: Flammarion. 2022. 415 pp.
Henri Hubert et Marcel Mauss, Correspondance (1897–1927), édition de Rafael Benthien, Christophe Labaune et Christine Lorre. Paris: Classiques Garnier, 2021. 653 pp.
Durkheim's Contributions to Social Anthropology in L'Année sociologique, édited par Yash Nandan, Middletown DE : Independently Published, 2022. 492 pp.
Serge Paugam, L'Attachement social: Formes et fondements de la solidarité humaine, Paris: Seuil, 2023. 640 pp.
Aleksandar Boškovic´, William Robertson Smith, New York: Berghahn Books, 2021, 139 pp.
Stephen Turner. Mad Hazard: A Life in Social Theory. Current Perspectives in Social Theory, Vol. 38. Bingley, UK: Emerald Publishing Limited, 2022, xxii +241 pp.